13La présentation de l’après-guerre est tout aussi significative, puisqu’une fois accomplies les promesses de démocratisation de l’immédiat après-guerre, au premier rang desquelles les articles pacifistes de la Constitution et le retour de la liberté de parole, les auteurs effectuent un parallèle très clair entre les évolutions du Japon d’avant-guerre et le retour des conservateurs au pouvoir après-guerre. La répression constante à laquelle ont dû faire face aussi bien les partis prolétaires que les organisations syndicales reflète par conséquent la lutte de cette élite pour conserver son pouvoir, dans son incapacité à lutter avec les armes de la démocratie bourgeoise. URL : http://journals.openedition.org/droitcultures/2050, Tristan Brunet est doctorant à l’Université Paris-Diderot, UFR de Langues et civilisations de l’Asie orientale et à l’Université des langues étrangères de Tôkyô (Tôkyô gaidai). Là encore, il est difficile de détacher ce volet du débat du contexte politique de l’époque, comme Kamei semble vouloir le faire. Montre plus La naissance de la cou pénale internationale 990 mots | 4 pages pénale internationale ne « décourageront » nullement la CI. Lire la suite, Dans le chapitre « L'ambition réformiste des forces d'occupation » AccueilNuméros58Mémoires et responsabilités de gu...Le procès de Tôkyô et le débat su... Paru en 1955, l’Histoire de Shôwa représente l’exemple le plus représentatif du projet des historiens japonais pour élaborer, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle histoire nationale. Vue de la salle d'audience lors du procès à Nuremberg des criminels de guerre en 1945-1946. Cette évolution du traitement réservé au parti est à rapprocher de la perte de prestige que connaît le parti dans cette deuxième moitié des années 1950, gagné par la déstalinisation. Lire la suite, Dans le chapitre «  De l'ordre interne à l'ordre international » Juge Henri Bernard. Se plaçant d’un point de vue résolument littéraire, il reproche aux auteurs de n’avoir pas su transmettre la complexité psychologique des acteurs. Kamei se fonde sur ce constat,pour discréditer le travail de l’ensemble des historiens de son époque. La polémique qui a suivi la publication de l’ouvrage permet d’appréhender les visions concurrentes de la responsabilité (ou de l’absence de responsabilité) de guerre, mais aussi les forces sociales qui tenteront de juguler cette vision du récit historique national. Rejetant toute valeur pédagogique à ces catégories, conçues comme des idéaux démocratiques, Kamei leur oppose l’individu comme seul échelon valide des sciences humaines, en plaçant littérature et histoire sur un même plan. Il reste en cela fidèle à l’esthétisme romantique qu’il avait adopté durant la guerre, et semble de fait plaider l’absence d’ancrage idéologique de cette posture, alors même que ses propres prises de position passées semblent prouver le contraire. En effet, les auteurs semblent en faire le porte-parole exclusif des aspirations de la nation, ou des a priori dans le traitement fait de la diplomatie soviétique. Le procès de Takahiro Shiraishi, qui s'est ouvert devant un tribunal de Tokyo, fait sensation au Japon. 1 Si le procès de Tôkyô se voulait un procès pour l’histoire, il peut sembler légitime de se demander la place qu’il a occupé pour les historiens japonais de l’après-guerre. Le Procès de Tokyo. Mais il est à noter que le procès de Tôkyô lui-même s’efface de leur narration historique de l’après-guerre. 19   Tôyama Shigeki, « Gendaishi kenkyû no mondaiten – Showashi no hihan ni kanren shite » (Le problème de la recherche en histoire contemporaine - Au sujet des critiques sur L’histoire de Showa), Chuô Kôron, juin 1956. La justice est traditionnellement l'une des composantes majeures de la souveraineté de chaque État. La création du TMIEO n'est qu'une des pièces d'un ensemble plus vaste de mesures prises pour réprimer les crimes de guerre . 12Les auteurs insistent également sur l’importance de l’impérialisme japonais dans le déclenchement de la guerre, et surtout, la logique du capital qui le soutient. 15L’Histoire de Shôwa eut un impact très important sur son lectorat, et sur toute une génération d’étudiants japonais. L'expression commune « procès de Tōkyō » désigne le procès mené par le tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient (International Military Tribunal for Far East, I.M.T.F.E. 14En élargissant les accusations du procès de Tôkyô à toute la classe dirigeante, ce qui inclut notamment l’empereur et les dirigeants des zaïbatsu, les auteurs suggèrent une culpabilité beaucoup plus étendue. Dans l’Histoire de Shôwa, le peuple est toujours présenté comme un acteur passif. Les auteurs semblent ainsi sanctionner une sortie pure et simple de l’histoire pour un procès qui n’a pas su faire sens, et renforce l’idée que la narration même de l’histoire nationale dans l’Histoire de Shôwa se substitue à la vocation historique supposée du procès. Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient Classé sous PROCÈS TOKYO — braultjeanpaul @ 21 h 37 min Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient (ou Tribunal de Tōkyō), fut créé le 19 janvier 1946 pour juger les grands criminels de guerre japonais de la Seconde Guerre mondiale. D’une manière plus générale, une partie importante des intervenants dans le débat ne sont pas des historiens, et se contentent de pointer les limites du tableau historique de l’ouvrage, et par la même occasion de mettre en doute la légitimité du discours historique académique, sans pouvoir s’attaquer au bien-fondé de ses conclusions. Cet ancien boxeur avait été relâché en 2014, un tribunal admettant des doutes sur sa culpabilité en se basant sur des tests ADN et décidant de lui offrir un nouveau procès. Il est désormais impossible de le présenter, comme c’était parfois le cas dans la première édition, comme l’incarnation des aspirations du peuple japonais contre les élites. La notion même d’être humain mise en avant par Kamei contre les catégories utilisées par les auteurs de l’histoire de Shôwa renvoie indéniablement à une humanité conçue avant tout comme « japonaise »25. Les procès de Tôkyô et de La Haye, Le procès de Tôkyô et le débat sur l’, « Le procès de Tôkyô et le débat sur l’, De l’émancipation à la justice environnementale, La vie des personnes LGBT en dehors des grandes villes, La fin de vie. Le procès de Tokyo Après la capitulation « sans condition » du Japon le 15 août 1945, les alliés décident d e ju ger les responsables japonais sur le modèle de Nuremberg. Certaines de ces critiques sont restées tout aussi célèbres que l’ouvrage lui-même. Voir à ce sujet Ienaga Saburo, Japan’s Past, Japan’s Future : One Historian’s Odyssey, Lanham, Maryland : Rowman & Littlefield, 2001. 14 In Odagiri Hideo, « Watashitachi mo ikitekita. À droite les huits juges qui composent le Tribunal, deux pour chaque nation alliée. « TŌKYŌ PROCÈS DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], Kiyoshi Ota / AP C’est sans Carlos Ghosn que s’est ouvert, mardi 15 septembre à Tokyo, le procès de son ex-bras droit, Greg Kelly, et du constructeur qu’il a dirigé pendant vingt ans, Nissan. Comme outil d’analyse historique, il permet alors de lier les analyses politiques aux considérations socio-économiques en élargissant le champ d’investigation historique, et de renforcer la valeur scientifique des conclusions des historiens. 26   Pour un panorama plus large du travail des historiens japonais confrontés au passé colonial de leur pays, ainsi qu’au problème des responsabilités de la guerre, voir Arnaud Nanta, « Le Japon face à son passé colonial », in Daniel Lefeuvre, Olivier Dard (dir. Formulée dans le contexte du retour au pouvoir des conservateurs, et de la remise en cause de la légitimité de l’histoire académique qui l’accompagne, cette critique permet d’apercevoir derrière le débat académique les enjeux politiques autour de l’écriture de l’histoire nationale dans le Japon de l’époque. Aux yeux d’un historien de l’école marxiste comme Tôyama Shigeki, les « limites » du procès recoupent celles du « projet de démocratisation du Japon par l’occupant américain »5 ayant rendu nécessaire le travail de contre-expertise effectué par les historiens de l’école marxiste. 25 C’est notamment la conclusion de l’analyse des écrits de Kamei par l’historien des idées Sakai Naoki, « Nihonshi to kokuminteki sekinin » (Histoire du Japon et responsabilité nationale), in Rekishi to hôhô henshû iinkai (Comité de rédaction Histoire et méthode), Rekishi to hôhô 4, Teikoku to kokumin kokka (Histoire et méthode 4, Empire et Etat-nation) Aoki Shôten, 2000. Ils pointent du doigt les résidus féodaux au sein de l’infrastructure de l’État-nation pour expliquer la crise de la démocratie dans le Japon de l’ère Shôwa, au premier rang desquels l’armée et sa dévotion unique à l’empereur plutôt qu’à la nation elle-même. L’Histoire de Shôwa1, publiée en 1955 par les historiens Tôyama Shigeki (1914-), Fujiwara Akira (1922-2003) et Imai Seiichi (1924-), synthétise les analyses d’une grande partie des historiens académiques sur la marche vers la guerre du pays et l’immédiat après-guerre. Ils le décrivent plus volontiers comme l’un des acteurs de l’histoire nationale plutôt que comme le dépositaire exclusif des aspirations démocratiques de la nation. Pourquoi la nation n’a-t-elle pas eu la force d’empêcher ce drame ? »9. 21Le deuxième axe du débat est lié au premier : il s’agit de l’amalgame qui est fait entre la méthode de travail historique et l’orientation idéologique. Par l’ampleur des sujets abordés, cet ouvrage a marqué une étape importante de l’historiographie japonaise sur cette période cruciale de l’histoire nationale couvrant l’avant et l’après-guerre. Selon lui, la méthode par trop scientifique de l’ouvrage empêche de saisir toute une dimension humaine, la multiplicité des expériences et des mémoires individuelles. Cet article cherche à souligner les enjeux politiques et mémoriels qui entourent le débat, particulièrement en ce qui concerne la question centrale des responsabilités de guerre, et par conséquent du traitement réservé dans cette histoire au procès de Tôkyô. Il n’y avait aucun moyen d’y échapper pendant cette triste époque, avec des dirigeants qui préparaient toujours par avidité une nouvelle guerre pour accroître leurs bénéfices. 1. Inauguré officiellement le 3 mai 1946 sous la présidence de l'Australien Sir William Webb, après l'inculpation de vingt-huit personnalités nippones, le tribunal militaire international de Tōkyō rendit son verdict 12 novembre 1948, en prononçant sept condamnations à mort, – dont celle du général et ancien Premier ministre Tôjô – seize peines de réclusion à perpétuité, et deux peines de prison, respectivement de 20 et de 7 ans. Enjeux de mémoire, Les justices alternatives et leurs avatars, Expertise psychiatrique et sexualité (1850-1930), Actualités du droit musulman : genre, filiation et bioéthique. Pour les auteurs, cet aspect de la marche vers la guerre est indissociable des limites de la démocratie exposées plus tôt : c’est la nécessité pour le capital d’asseoir une domination impériale sur les régions voisines de l’Asie orientale qui a permis à l’armée de prendre l’initiative sur le plan de la politique internationale, et d’asseoir par conséquent son influence à l’intérieur du pays. 10 Nihon fashizumu no tokushoku (Les particularités du fascisme japonais), in Tôyama Shigeki, Fujiwara Akira, Imai Seiichi, Shôwashi (Histoire de Shôwa), nouvelle édition, Iwanami shinsho, 1959, p. 128. Pour mieux appréhender la portée effective des décisions du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, il peut être utile d’évoquer les problèmes politiques et scientifiques que l’écriture de l’histoire nationale a posé au Japon dans la même période. Voir la notice dans le catalogue OpenEdition, Plan du site – À propos – Mentions légales et Crédits  – Flux de syndication, Nous adhérons à OpenEdition – Édité avec Lodel – Accès réservé, Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search, The Tokyo trial and the History of Shôwa, Mémoires et responsabilités de guerre.

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